La télévision payante et la télévision connectée (4/4)

Portrait de william

Les modèles payants

Les opérateurs qui fournissent du contenu payant sont :

  • Les fournisseurs de contenu
  • Les chaînes
  • Les bouquets premium

Ils opèrent au travers de flux dédiés comme Canal+ ou TF1, ou par des flux internet (OTT)comme YouTube et CanalPlay

Traditionnellement, les flux dédiés sont lus par des décodeurs TV sur la télévison

Les flux internet sont lus par des navigateurs ou des applications sur des ordinateurs

Ces modèlent de distribution tendent à évoluer et à se mixer, notamment avec l'arrivée des nouveaux écrans que sont les smartphones et les tablettes.

Pour ceux-ci, c'est au travers d'applications que sont proposés les flux, qu'ils soient dédiés ou internet.

De même, des nouveaux périphériques permettent d'accéder à ces flux, tels les consoles de jeu, les lecteurs BlueRay ou les box. Le téléviseur peut de la même manière être connecté à l'ordinateur avec les câbles HDMI adéquats.

Tout ceci rend les choses plus complexes mais aussi plus simples pour les usagers qui peuvent profiter de cette intéropérabilité pour regarder tout ce qu'ils veulent sur tous les supports.

Le développement de nouveaux modèles

Modèle traditionnel

La télévision payante est surtout développée aux états unis, bien plus qu'en France. Des fournisseurs d'accès fournissent à leurs clients abonnés des contenus auxquels ils accèdent via leur télévision ou leur box.

Ces contenus ont été négociés avec les producteurs et les détenteurs de catalogues. Mais c'est la plateforme qui est en contact avec l'abonné.

En Europe, le modèle est différent. Ce sont les chaînes qui ont mis en place des bouquets et qui sont donc en contrat avec leurs abonnés. Même si la distribution est assurée par un tiers.

Nouveaux entrants

Les acteurs du Web (Google) les fabricants de téléviseurs (Sony,Samsung, LG...) Apple ou Netflix viennent perturber l'écosystème en établissant un nouveau canal entre les fournisseurs de contenus et les téléspectateurs.

Ils sont cependant dépendants des fournisseurs d'accès internet et des débits en bande passante qu'ils trouvent chez les abonnés. Celle ci est très inégale d'un abonné à l'autre ce qui influs grandement sur la qualité de service proposée

Leur offre propose cependant les avantages liés à la délinéarisation du contenu qui séduit les téléspectateurs par sa souplesse

TV sur internet : Le parcours du combatant

Chaque étape amène son lot de contraintes et d'obstacles pour permettre une consommation correcte de télévision sur internet.

  • Internet : Le débit est primordial. Les connexions ADSL peinent à assurer un débit suffisant pour de la vidéo HD.
  • Le téléviseur : La qualité des téléviseurs de salon est très supérieure à celle des écrans d'ordinateurs ou de tablette
  • Ergonomie : La télécommande est très inadaptée pour effectuer des navigations dans des menus ou pire entrer du texte. Des tentatives d'améliorations sont faites par les commandes vocales ou gestuelles. L'utilisation d'un second écran semble être une voie plus adaptée
  • Recherche et guide de programme : Le guide est défini pour les chaîne mais pas pour la navigation dans les historiques. Les recherches sont souvent complexes. Les recommandations sont souvent aléatoires même si Netflix a réalisé de réels efforts dans ce sens.
  • Marketing : Les clients potentiels sont souvent déjà abonnés à une offre payante. Les plateformes de contenu offrent déjà des services internet
  • Les contenus : Les fabricants et les fournisseurs de contenu se retrouvent en concurrence, les alliances sont impossibles. Des verrous multiples sont déjà en place, seuls les contenus populaires arrivent à percer et à trouver une rentabilité.

Les acteurs et le matériel

Les fabricants d'électronique grand public

Quasiment tous les télévisuers à partir du moyen de gamme sont connectables même si peu son effectivement connectés

Les fabricants font assez peu d'efforts en matière de continuité de service et de contenus

Les interfaces utilisateurs sont souvent à pleurer

Le cycle de remplacement est ralenti. Un équipement correct des ménages sera relativement long

Il est à parier que les plateformes de fabricants ne seront pas un succès à terme. Seuls les services de distribution de contenus tiers (Netflix, Amazon) ont une chance de percer.

Les opérateurs de TV payante

Les bouquets de chaînes proposent une offre de vidéo à la demande avec leurs décodeurs

Par contre cette offre est très dépendante de l'opérateur et de son décodeur

Ils offrent peu de recherche sur le contenu ou le guide de programme même si les seconds écrans améliorent la chose

La gestion des droits est complexe

Grace à leurs catalogues, l'offre des opérateurs est souvent la préférée des téléspectateurs

Les acteurs high tech

Ils offrent des boîtiers indépendants dits over the top (Google TV, Apple TV) ou s'appuient sur les consoles de jeu connectées pour accéder à du contenu.

Souvent leur offre est innovante mais rebutent le consommateur à cause du matériel supplémentaire à acquérir.

Les contenus

Il existe un cercle vertueux conditionné autour de ces trois axes :

  • Les audiences
  • Les revenus
  • Les contenus

Il est nécessaire de cumuler ces trois points au plus haut, des contenus importants ne suffisent par exemple pas si l'audience ne suit pas. Voir l'exemple des nouvelles chaînes TNT qui même en profitant du catalogue de leurs aînées ont du mal à démarrer

Le problème est identique pour tous les acteurs, y compris dans la vidéo sur internet qui ne peut se financer sans audience. De la même manière, les détenteurs de droits et les producteurs ne font pas de différence entre internet et les autres.

Ainsi, les nouveaux entrants doivent faire face aux agrégateurs existants que sont les grandes chaînes. Ces agrégateurs fonctionnent en circuit fermé.

La télévision délinéarisée possède au travers des chaîne gratuites et payantes ses propres agrégateurs.

En réponse à la menace OTT

Les chaînes premium américaines ont trouvé une réponse à la menace OTT au travers de la première diffusion de films et de la production de séries originales. C'est une approche que l'on retrouve chez Canal+

Même les chaîne plus basiques (USA Network, Adult Swim ou encore A&E Television Network) s'y sont mis aux Etats Unis

Le cas de la France est plus difficile en raison de la forte réglementation qui entoure la production audiovisuelle

TiVo permet de rechercher des contenus et de programmer des enregistrements sur tous les programmes d'un opérateurs. Malgré son coût, l'offre connait un grand succès en Grande Bretagne et en Espagne.

Le cas de la France est particulier de par la très forte pénétration des Box ADSL

Ainsi, près de 75% des foyers sont connectés à une offre de plateforme payante (mais ils ne sont pas tous abonnés)

Cette position au coeur de l'écosystème des FAI est pas ou peu exploitée. Les offres sont assez médiocres ou à faible potentiel. Les interfaces proposées pour les services sont souvent aussi à pleurer.

Conclusion

Les offres OTT peuvent présenter une menace pour les acteurs traditionnels, mais seuls Netflix et Amazon ont pour le moment atteint une taille critique suffisante.

En France, les FAI ont une position qui leur permettrait de proposer une vrai alternative si elle était vraiment accessible.

Cependant, devant l'absence de réels investissements sur ce secteur, la porte reste ouverte aux acteurs OTT

En dernière analyse, seuls les programmes originaux seront en mesure de soutenir l’intérêt du public pour l’offre de télévision payante. Mais le financement de la production dépend de la croissance d’un écosystème dont les FAI sont les gardiens