Investissements dans les startups internet. Vers la bulle ?

Portrait de william

Alors que le monde de la finance scrute avec intérêt l'arrivée de Facebook dans les heures qui viennent, il ne se passe pas une semaine sans que des levées de fond, certes d'une ampleur moindre, se passe sur les réseaux sociaux à succès.

Ainsi, on a eu en mai dernier le réseau QUORA, le site de questions-réponses qui levait tranquillement 50 millions de dollars auprès d'investisseurs, dont le fondateur du site Adam d'Angelo, pour la bagatelle de 20 millions sur ses propres deniers.
Cette levée valorise le service ou la startup plutôt, à quelque 400 millions de dollars. Tout cela pour un site collaboratif où les internautes posent des questions auxquelles d’autres internautes « experts » apportent des réponses.
Précisons cependant que Quora n’est pas exactement un site de Q&R tout à fait comme les autres. Le parti-pris de départ était de rassembler l’expertise de la communauté tech et geek et non pas de faire un énième site généraliste à la Yahoo Answers, puis de faire de chaque page de réponses à une question la meilleure ressource possible sur le sujet évoqué.
Donc, 50 millions de levée et une valorisation de 400 pour un concurrent de Wikipedia lancé en 2010, aussi ingénieux soit-il, qui ne rapporte pas encore le moindre revenu et qui à priori n’a pas encore de modèle économique et même pas de pub affichée, on peut trouver que ça fait un peu beaucoup.

Deuxième exemple avec Bitly le raccourcisseur d'url qui vient d'annoncer une levée de fonds de 20 millions de dollars
La société, basée à New York, double le montant de sa dernière levée de fonds et s’apprête à lancer de nouveaux produits, dont un moteur de recherche viral. Ce dernier pourrait permettre aux utilisateurs de connaître les tendances du moment sur la toile en temps réel, un peu comme ce que fait Twitter avec les « Trending Topics » mais en ne se limitant pas à un seul et unique service.
Quand Twitter a annoncé le lancement de son propre raccourcisseur d’URL en juin 2010, beaucoup de monde pensait que Bitly allait fermer. Au contraire, le service a su innover en proposant son expertise aux entreprises. La société propose en effet un tableau de bord aux entreprises permettant de suivre leurs liens sur le web, Twitter, Facebook, Tumblr… un outil pratique pour gérer et surveiller sa présence sur les réseaux sociaux.
Même si Bitly possède un solide modèle d’entreprise avec ses offres pour les entreprises, on peut quand même se demander si les 20 millions de dollars pour un raccourcisseur d’URL avec quelques statistiques ne sont pas un peu démesurés…

Dernier exemple avec le dernier réseau social à la mode : Pinterest sur le point d'annoncer une levée de fonds de 100 millions de dollars
Les investisseurs annoncés seraient le géant japonnais du e-commerce Rakuten ainsi que d'anciens investisseurs comme Andreessen Horowitz, Bessemer Venture Partners, FirstMark Capital et une poignée d’investisseurs providentiels.
Les site aurait comme stratégie de s'ouvrir à l'étranger (il peine à se faire connaître hors USA pour le moment) et les appels récents lancés aux traducteurs semblent le confirmer.

D’une façon générale, avec de telles levées, on a un peu l’impression qu’il devient de plus en plus difficile d’évaluer la véritable valeur d’un pure player web et de faire la part des choses entre les tours de tables regroupant des millionnaires du web qui ne savent plus quoi faire de leur argent et misent sur tout ce qui buzze un peu, et les vrais projets porteurs de sens, d’avenir et potentiellement rentables.